Structures publiques avec présidence d’élu rémunéré

Plusieurs struc­tures publiques inter­com­mu­nales ou mixtes, en dehors des offices de tourisme, néces­si­tent la désig­na­tion d’un prési­dent élu munic­i­pal ou com­mu­nau­taire ouvrant droit à des indem­nités de fonc­tion. Ces instances gèrent des com­pé­tences tech­niques stratégiques comme l’eau, l’én­ergie ou les déchets. Cette fiche présente les prin­ci­pales struc­tures con­cernées, leur gou­ver­nance et l’évo­lu­tion régle­men­taire.

Qu’est-ce qu’un EPCI ?

Un Étab­lisse­ment Pub­lic de Coopéra­tion Inter­com­mu­nale (EPCI) est une struc­ture regroupant plusieurs com­munes pour mutu­alis­er des com­pé­tences et gér­er des ser­vices publics à une échelle ter­ri­to­ri­ale plus large. Il s’ag­it de : com­mu­nautés de com­munes, com­mu­nautés d’ag­gloméra­tion, com­mu­nautés urbaines et métrop­o­les. Ces EPCI dis­posent d’une fis­cal­ité pro­pre et d’une per­son­nal­ité morale.

En savoir plus sur les EPCI

La loi NOTRe en bref

La loi NOTRe (Nou­velle Organ­i­sa­tion Ter­ri­to­ri­ale de la République, 2015) a pro­fondé­ment réfor­mé l’or­gan­i­sa­tion ter­ri­to­ri­ale en France. Elle a ren­du oblig­a­toire l’ap­par­te­nance des com­munes à un EPCI à fis­cal­ité pro­pre, trans­féré de nom­breuses com­pé­tences des com­munes vers les inter­com­mu­nal­ités et mod­i­fié le régime des syn­di­cats mixtes, notam­ment en sup­p­ri­mant les indem­nités pour la plu­part d’en­tre eux.

En savoir plus sur la loi NOTRe

1. Les syndicats mixtes d’eau et d’assainissement

Les syn­di­cats mixtes d’eau et d’as­sainisse­ment sont par­mi les struc­tures les plus répan­dues. Leur prési­dent et vice-prési­dents sont élus par­mi les délégués des com­munes mem­bres ou de l’EP­CI. Il s’ag­it générale­ment d’un maire ou d’un con­seiller com­mu­nau­taire ayant une con­nais­sance des ques­tions tech­niques.

Depuis la loi NOTRe de 2015, les indem­nités de fonc­tion ont con­nu une évo­lu­tion com­plexe. Elles sont autorisées pour les syn­di­cats mixtes dont le périmètre est supérieur à celui d’un EPCI (com­mu­nauté de com­munes). En revanche, elles ont été sup­primées depuis 2020 pour les syn­di­cats de périmètre inférieur à un EPCI. Les mon­tants vari­ent générale­ment entre 300 et 1 000 euros par mois selon la taille du syn­di­cat.

Ces syn­di­cats gèrent les réseaux d’eau potable, les sta­tions d’épu­ra­tion et la fac­tura­tion auprès des usagers.

2. Les syndicats mixtes d’énergie

Les syn­di­cats mixtes d’én­ergie inter­vi­en­nent prin­ci­pale­ment dans la ges­tion de l’é­clairage pub­lic, des chauf­feries bois col­lec­tives et des bornes de recharge élec­trique. Leur prési­dent est élu par­mi les maires des com­munes adhérentes.

Les indem­nités sont autorisées selon le même régime que pour les syn­di­cats d’eau, soit entre 200 et 800 euros par mois. Ces struc­tures per­me­t­tent une mutu­al­i­sa­tion effi­cace des com­pé­tences tech­niques et des achats d’én­ergie auprès des four­nisseurs.

3. Les syndicats mixtes de gestion des déchets

Les syn­di­cats mixtes de déchets gèrent les déchet­ter­ies, la col­lecte sélec­tive et par­fois le com­postage col­lec­tif. Leur prési­dent et bureau sont élus par­mi les délégués com­mu­naux.

Les indem­nités suiv­ent le même régime légal que les syn­di­cats d’eau et d’én­ergie : elles sont autorisées si le périmètre du syn­di­cat dépasse celui d’un EPCI, avec des mon­tants com­pris entre 300 et 900 euros par mois.

4. Les syndicats archéologiques et de gestion de sites patrimoniaux

Dans cer­taines régions rich­es en pat­ri­moine, des syn­di­cats mixtes assurent la ges­tion et la val­ori­sa­tion de sites remar­quables comme le Mont-Saint-Michel ou des ensem­bles mégalithiques. Leur prési­dent, générale­ment un maire de la com­mune con­cernée, perçoit des indem­nités faibles com­pris­es entre 100 et 400 euros par mois pour les périmètres impor­tants.

5. Les syndicats intercommunaux de transport rural

Les syn­di­cats de trans­port rur­al organ­isent les trans­ports sco­laires et les lignes régulières en zones rurales. Leur prési­dent, élu par­mi les maires riverains, perçoit une indem­nité com­prise entre 200 et 600 euros par mois selon le nom­bre de lignes exploitées.

6. Synthèse des principales structures rémunérées

Struc­turePrési­dent typ­iqueIndem­nité men­su­elleCon­di­tion d’at­tri­bu­tion
Syn­di­cat eau/assainissementMaire mem­bre300–1 000€ [web:113]Périmètre > EPCI
Syn­di­cat énergieMaire mem­bre200–800€ [web:115]Périmètre > EPCI
Syn­di­cat déchetsMaire mem­bre300–900€ [web:116]Périmètre > EPCI
Syn­di­cat archéolo­gieMaire con­cerné100–400€Périmètre > EPCI
SI trans­port rur­alMaire rur­al200–600€-

7. Évolution réglementaire majeure

La loi NOTRe de 2015 et ses décrets d’ap­pli­ca­tion ont pro­fondé­ment mod­i­fié le paysage des indem­nités de prési­dence. 80% des syn­di­cats mixtes ont vu leurs indem­nités sup­primées à par­tir de 2020, car leur périmètre était inférieur ou égal à celui des EPCI. Seuls sub­sis­tent ceux qui cou­vrent un ter­ri­toire supérieur à un EPCI com­plet ou à cheval sur plusieurs EPCI.

Cette réforme s’in­scrit dans une logique de trans­fert des com­pé­tences vers les EPCI. Les prési­dences rémunérées ont été rem­placées par des vice-prési­dences com­mu­nau­taires rémunérées, cen­tral­isant les respon­s­abil­ités au niveau inter­com­mu­nal.

8. Situation actuelle en 2026

En 2026, les prési­dences rémunérées restantes con­cer­nent prin­ci­pale­ment :

  • les syn­di­cats d’eau “his­toriques” béné­fi­ciant d’une minorité de blocage jusqu’en 2026
  • les syn­di­cats mul­ti-EPCI cou­vrant plusieurs inter­com­mu­nal­ités
  • les grandes struc­tures tech­niques d’eau potable et d’as­sainisse­ment

La ten­dance générale est à la fusion pro­gres­sive de ces syn­di­cats dans les EPCI exis­tants, avec trans­fert des respon­s­abil­ités vers les vice-prési­dents com­mu­nau­taires rémunérés.

9. Transparence et contrôle

Les indem­nités de prési­dence sont soumis­es à des règles strictes de trans­parence :

  • Votées par l’assem­blée plénière du syn­di­cat
  • Affichées au siège de la struc­ture
  • Déclarées dans la déc­la­ra­tion d’in­térêts des élus (Haut Con­seil pour la Trans­parence de la Vie Publique)
  • Con­trôlées par la cham­bre régionale des comptes lors des audits annuels

Sources et pour aller plus loin